En attendant……
Je ne sais vraiment pas ou commencer et ce n’est même pas le blogue proprement dit que je veux écrire ce soir.
Mes 3 premières entrevues avec le cousin Hervé au téléphone duraient de 30 à 40 minutes et chaque blogue qui en résultait me demandait un bon 3-4 heures de rédaction. Les blogues , pour résumer le rendez-vous de cette semaine, demanderont beaucoup plus. Mon enregistreur montre 5heures et 37 minutes d’entrevue. Les chiffres sur l’appareil de Gérald Pagé(avec qui j'étais allée) doivent être à peu près identiques. Lui aussi s’en était procurer un pour cette grande rencontre avec le cousin Hervé. Je fus bien rassurer quand j’ai constaté qu'il en avait un. Mieux vaut deux chances qu’une au cas ou un ne fonctionnerait pas. Je fus très soulagée cet après-midi quand le tout fut transférer et sauvegarder sur mon portable. Il me reste maintenant à trouver le logiciel qui me permettra de faire le transfert sur un CD.
Nous étions Gérald et moi comme ces journalistes que vous voyez à la télé, pointant notre petit appareil aussitôt que cousin Hervé commençait à parler. Il n’était pas question de manquer un mot. Je souris à la pensée de nous 3 dans l’auto pour aller au restaurant. J’étais assise à l’arrière. Une fois qu’Hervé eut donné à Gérald la direction pour le restaurant, il commença à parler et tout de suite, je sorti l’appareil et l’ai placé à coté de son visage. Voyant cela Gérald aussi, tout en conduisant, sortit le sien et le tenait dans sa main tout en tenant aussi le volant.
Il faut ce qu’il faut. Nous nous improvisions des journalistes en mission.
Journalistes que nous étions et excellent communicateur qu’est cousin Hervé, c’est à peine s’il eut le temps de manger entre nos questions. La soupe et le filet de sole ne furent qu’a demi achevés mais en bon Melançon, il mangea tout son dessert. Au Château, l’hôtel principal à Joliette ou nous mangions, je suis devenue nerveuse car la seule autre table occupée l’était par 6 dames qui avaient une conversation très animée. De peur que leurs voies ne couvrent celle du cousin Hervé sur l’enregistrement, j’avais très hâte de retourner au calme chez lui.
Je me dois de vous raconter comment Gérald et moi avons vécu cette merveilleuse expérience de rencontrer le cousin Hervé Melançon cette semaine.
Ma première grande surprise et émotion fut quand je vis entrer Gérald au bureau de Jacinthe, ou il venait me chercher. Lui et tante Huguette se ressemblaient tellement. La réalité du décès récent de celle-ci me saisit et faillit me faire perdre contenance. J’ai souvent pensé à elle en le regardant cette journée là.
En route pour Joliette nous avons fait connaissance. Depuis quelques mois, nous n’avions échangé que des données et des photos de généalogie Melançon. Nous ne savions rien de nous, personnellement. Je regardai la filière de photos qu’il avait apporté et me décidai à lui poser la question à savoir d’où lui venait cet intérêt pour la généalogie de notre famille. Je faillis tomber des nues quand je compris que notre généalogie était tout autant la sienne puisque nos grands-pères respectifs étaient frères.
Je crois bien que j’avais su dans le passé que tante Huguette avait un degré de parenté avec oncle Robert mais j’avais complètement oublié le lien qui faisait que Gérald et moi nous sommes cousins au troisième degré. Je ne me trouvais pas très brillante d’avoir été en Nouvelle Écosse à la recherche de mes ancêtres et d’avoir négligé ce détail. Je croyais aller à Joliette avec « le beau frère d’oncle Robert », voilà que maintenant je gagnais un cousin. La journée commençait bien.
Je n’ai pas communiqué avec Gérald depuis mon retour, mais quand nous sommes sortis de l’appartement du cousin Hervé lundi vers 5 heures, nous étions tous les deux abasourdis par tant de choses apprises. Cousin Hervé a une façon très imagée de raconter ses mémoires. L’écouter c’est aussi voir le film de sa vie. En noir et blanc, en couleur et en trois dimensions. Les plus petits détails sont partout entrelacés à travers les anecdotes. Tout se suit. Il fait des parenthèses pour donner les détails et il revient ou il a fait l’arrêt. Gérald et moi avons souvent échangé des regards estomaqués.
Comme pour nous, sa mémoire récente fait parfois défaut, sa mémoire lointaine nous semble cependant presque infaillible.
Plusieurs fois durant notre visite, il s’est excusé de montrer de l’émotion en nous relatant certains évènements tragiques qui l’ont suivi tout au long de sa vie. Quelques fois j’ai aussi essuyé mes larmes discrètement, en évitant de jeter un coup d’œil dans la direction de Gérald.
On ne peut rester insensible aux récits de la mort tragique de ses parents, de la « déportation » de ses propres frères et sœurs orphelins vers d’autres familles, de la douleur de perdre sa fille du cancer du sein à l’âge de 39 ans, de la condition de sa vision défaillante qui l’empêche de lire, ou de regarder la télé.
J’ai aussi eu le cœur gros quand il nous a dit qu’il passait ses journées à penser et à prier, que la foi est ce qui le soutient, qu’il aurait voulu devenir un écrivain ou un poète.
Mercredi matin, Nicole St Georges et Jeanne Lachapelle m’accompagnèrent chez lui .
Je l'avais averti qu'il aurait une surprise. Une surprise qui lui fit bien chaud au coeur. Il avait bien connus leurs parents et grands parents et encore une fois les souvenirs surgirent sans se faire attendre. Nicole est une filleule qu’il n’avait revu qu’une fois.
Cette rencontre amena plus d’anecdotes pour faire sourire que verser des larmes. Cette visite le toucha énormément et il était émotif au moment du départ. Nous l’avons laissé à la porte de la salle à manger au moment ou il se demandait s’il devait prendre une peu plus de Coumadin ou une Nitro pour remettre son cœur à l’endroit !
Je lui ai parlé aujourd’hui. Il m’a avoué avoir été complètement exténué le lendemain. Il avait tourné en rond dans son appartement toute la journée . La tête pleine de tous ces souvenirs qui en avaient généré d’autres, il regrettait n’avoir personne avec lui avec qui en parler.
C’est à ce moment que je lui ai suggéré de se procurer un enregistreur sur lequel il pourrait déversé son trop plein d’idées. Il me dit avoir été impressionné par les nôtres et que justement il pensait en parler à son fils Serge pour s’en procurer un.
Il y a quelques années son fils et ses petits enfants lui en avaient donné un, justement avec l’espoir qu’il pourrait raconter ses mémoires. Il avait essayé mais trouvait ça trop difficile de parler des évènements tristes de son passé. Il leurs avait remis l'appareil.
Maintenant que sa vision diminuée le force à l’inactivité, le temps est peut-être propice pour cette activité.
On aurait tous à y gagner.
Ma visite m’a laissé avec le regret de n’être plus près pour pouvoir le visiter plus souvent. Quel bel homme à tous les sens du mot!
Le cousin Hervé que je suis si heureuse d’avoir eu la chance de connaître et un gentilhomme que j’espère revoir avant trop longtemps…….
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